L’Hygiène du coach, plus que jamais

 

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J’ai participé mardi 24 novembre à la journée annuelle de la SF Coach, Fédération Professionnelle de coachs. Je me suis inscrite à 3 ateliers. L’un d’entre eux m’a plus particulièrement marqué. Il s’agit de l’atelier « Autour de l’Hygiène du coach, et du travail invisible du praticien » animé par Reine-Marie Halbout.

Psychologue clinicienne, coach depuis une vingtaine d’années, superviseur et psychanalyste jungiene, M.R Halbout vient d’écrire un livre intitulé « Savoir Être Coach – Un art, une posture, une éthique« .

Pour cette dernière, l’Hygiène du coach, socle de son identité et de sa pratique, s’appuie sur quatre piliers :

  • Le travail sur soi,
  • La formation aux métiers de l’accompagnement,
  • La connaissance du monde des organisations,
  • L’expérience acquise dans l’accompagnement, ainsi que la supervision.

« Au cours des années, le praticien développe un savoir-faire singulier, où se mêlent les fils de son histoire personnelle et familiale, de son rapport à la culture, de son évolution profonde et des expériences acquises lors des accompagnements réalisés : il devient un professionnel confirmé grâce au travail invisible qu’il effectue.« 

Ce qui me plaît dans l’approche de M.R Halbout, c’est le regard qu’elle porte sur notre métier de coach. Nous sommes loin d’une méthode, d’un outil, le coeur de notre métier est ailleurs…

Je partage, et elle met les mots sur ce que je ressens intuitivement dans ma propre expérience. Le coach est un sensible créatif qui se met au service de l’autre.

Il y a un lien à faire entre le « travail invisible« , dont parle Reine Marie Halbout, et le « souffle d’inspiration ». Et n’ayons pas peur de rappeler que le souffle c’est la vie….

Un coach doit prendre soin de lui, être en « bon état » pour s’occuper de quelqu’un parfois en « mauvaise état ».

Un accompagnant, est appelé à accompagner. L’accompagnant est souvent un enfant blessé qui cherche à réparer. Le désir d’accompagner est en lien avec une blessure. Devenir accompagnant s’ancre dans une blessure originelle. Dans le désir d’accompagner il y a un desir de soigner, de guérir.

Nous sommes face à un paradoxe. S’occuper de l’autre pour/au lieu de s’occuper de soi. Il y a donc une extrême importance à prendre soin de soi-même en tant qu’accompagnant. Ce métier nous expose et nous oblige en permanence à nous remettre en cause.

Au-delà de la problématique des accompagnants, chacun de nous est porteur d’une mission, d’un projet.

Je vous recommande au passage d’écouter une interview de François de Witt, auteur du livre « La preuve par l’âme », parler clairement et avec enthousiasme de notre projet sur terre.

Le travail « transgénérationnel » permet de clarifier de quoi nous sommes porteurs et de donner du sens à une histoire personnelle dans une histoire familiale.

Pour pouvoir accompagner quelqu’un, il faut soi-même vivre l’expérience d’un accompagnement pour soi.

Pour exercer en coaching en conscience et avec sens il faut avoir être formé à l’accompagnement avec une formation longue dans le temps. Il faut avoir un esprit ouvert à la culture, la psychologie, la sociologie… La pratique doit être supervisée par un autre coach confirmé. Et il faut cultiver l’écriture, l’expérience de l’écrit est fondatrice d’une identité et produire des écrits permet d’avancer…

Concernant la culture, il ne s’agit pas de la cultiver au sens « académique », mais au sens « jardinière ». prendre le temps de nourrir ses connaissances, ses découvertes, sa curiosité…

Le travail invisible relie tous ces aspects.

Le coach est de plus en plus exposé à l’état de souffrance , aux « burn out »… Le coach est au contact de la sensibilité, il n’est à l’abri de rien. Il est donc nécessaire et indispensable de renforcer le « terrain ». Prendre soin de soi et ralentir, à contre courant du rythme imposé.  Le rapport au temps est important. Se laisser le temps d’infuser, de décanter…

L’état de santé est primordial. Et le poids de l’expérience n’est pas un élément de différenciation qui distance du risque.

Il doit y avoir d’autres champs d’investissement dans la « vraie vie ». Sortir de son métier, visiter d’autres milieux.  Se trouver des activités de « débutant ». Il est important de faire travailler l’enfant en soi, se remettre à quatre pattes !

Ce qui vaut pour nous les accompagnants (coachs, psys, thérapeuthes, médecins…) vaut aussi pour tous ceux qui managent, encadrent des personnes. La proximité vécue avec de l’écoute, de l’empathie, du lien affectif ou hiérarchique, fait appel à notre énergie vitale. Cette énergie est précieuse pour soi et pour les autres.

La violence actuelle nous touche tous, et peut nous agiter de l’intérieur, comme de l’extérieur. L’Hygiène, l’écologie de soi, nous concerne tous.

En ces temps troublés, cultivons notre sérénité. Prêtons attention à ce qui est fragile et vulnérable, et prenons en soin. Aux tourments extérieurs répond l‘ancrage, l’intimité avec soi-même. Ainsi nous pouvons aborder les épreuves positivement et rebondir…

Chaleureusement, prenez soin de vous.

A bientôt,

Clémentine Lego.

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